Cincinnatus "Vocation brisée"
Récit/Témoignage
Paru le 23 Mai 2022
299 pages
Résumé:
Je suis professeur en collège. L’année dernière, tel un coup de massue brutal et imprévisible, je fus accusé à tort : l’une de mes anciennes élèves affirma qu’elle avait reçu, via une application, des messages tendancieux... dont j’étais l’auteur. Prisonnier de l’effroyable mécanique des rumeurs et des rouages implacables de l’Éducation nationale, mon destin s’engagea dans un terrible chemin de croix, m’entraînant bien plus loin que je n’avais pu l’imaginer...
L’intégralité des faits décrits sont réels. Ce livre constitue mon témoignage, pour éviter qu’un tel engrenage ne vienne broyer d’autres professeurs, éducateurs ou simples citoyens.
Cincinnatus est un pseudonyme, celui d’un professeur dont la foi envers l’institution scolaire n’est plus qu’une chimère, tant l’expérience qu’il a vécue le marqua à vif. Une épreuve de vie difficile aussi bien qu’un fait de société inquiétant...
Mon avis:
Il est professeur au collège. Il n'a pas 30 ans et sa carrière vient de débuter lorsque tout vole en éclats. Il apprend qu'il est suspendu. Une élève affirme qu'il lui a envoyé des messages tendancieux via une application de discussion en ligne. Débute, alors, une spirale infernale dans laquelle il est très vite aspiré. Coupable... Bientôt, des rumeurs et d'autres affaires viennent s'ajouter au dossier.
Ce livre est un témoignage. L'auteur préfère resté anonyme. Il nous raconte tout, les mauvaises interprétations, les manquements, les vices de procédure, les rouages de l'administration, son parcours du combattant, ses longues et incertaines attentes, la garde à vue, le tribunal... Il nous décrit toutes ces émotions qui l'agitent entre dégoût, peur, humiliation, abattement, colère, angoisse, aigreur et j'en passe. On le suit dans ses questionnements d'où suivront les préjudices moraux et les dommages collatéraux de toute cette affaire, l'affrontement avec certains parents (allant jusqu'aux menaces de mort) Evidemment dans ce genre de témoignage, nous n'avons qu'une seule version des faits, ici celui de l'accusé mais celui-ci nous donne sa version sans jamais parler à la place des victimes, des autres. J'ai ressenti beaucoup d'empathie car forcément on se met à la place de cet homme et on se dit que ça peut arriver à n'importe qui. Il dénonce toutefois la société, le manque d'humanité, l'administration, les préjugés, les rumeurs... On se pose la question de la barrière entre un enfant/élève et un adulte/professeur. Où est la limite à ne pas dépasser? Quelles interprétations peut-on faire de chaque geste, chaque message? Comment garder un lien et en même temps ses distances? Quelle est la limite entre familiarité et ambiguïté? Hélas, rien n'est évident...
Je tiens à signaler qu'après 7 mois, il est relaxé. Je lui souhaite une bonne continuation et j'espère qu'il retrouvera le goût de sa vocation même si celle-ci a été totalement brisée, qu'il se reconstruira et fera les choses différemment.
Je trouve qu'il est important de mettre des mots sur les maux, qu'il est important de parler, de raconter, qu'il est essentiel de savoir que des choses comme celles-ci se passent et que ça peut arriver à tout le monde. C'est un message fort et important que nous transmet Cincinnatus!
À bientôt,
Elodie
Je suis professeur en collège. L'année dernière, tel un coup de massue brutal et imprévisible, je fus accusé à tort : l'une de mes anciennes élèves affirma qu'elle avait reçu, via une application, des messages tendancieux... dont j'étais l'auteur.
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